le "romantique" du 19è siècle venait souvent à Courtavant.

 Gustave FLAUBERT  (1821 - 1880)

Gustave Flaubert caricaturé par Giraud

Gustave Flaubert clinicien et martyr des lettres par E.Giraud

Gustave Flaubert est né à Rouen en 1821, son père né dans l'Aube, non loin de la Courmaraille,est un brillant chirurgien à l'hopital de l'Hotel-Dieu de Rouen. Celui-ci le pousse à faire des études de droit mais, par mépris de la bourgeoisie provinciale, le jeune Gustave se pique de littérature. Il n'a que 15 ans lorsqu'il écrit son premier ouvrage. Parmi ses amis de jeunesse Louis Bouilhet et Alfred Le Poitevin, romantiques régionaux. C'est à cette époque qu'il écrit ses premières oeuvres, fort décevantes, malgré les multiples études qu'elles ont inspirées.
Il fait ensuite de nombreux voyages dont une randonnée en Bretagne avec Maxime Du Camp, très fructueuse et dont il rendra compte dans : Par les champs et par les grèves, un ouvrage "à quatre mains" écrit avec Maxime Du Camp, dans lequel chacun écrit un chapitre ; puis un périple à travers l'Egypte, la Grèce et l'Asie Mineure, dont il rend compte dans sa correspondance et dans un livre : Voyage en Egypte.


Une vue arrière de la ferme de la Courmaraille

Vue arrière de la Courmaraille  

Son père a fait l'acquisition d'un domaine de sept hectares "LA COURMARAILLE", situé à Courtavant dans l'Aube. Il avait par ailleurs, des terres un peu partout autour de Courtavant, "La Ferme de l'Ile", et près du "Pont de la Vente". Gustave aime ce lieu chargé d'Histoire, puisque la Courmaraille était au 15è siècle une "ferme agricole et piscicole" tenue par des moines. En témoignent les cheminées des greniers, véritables oeuvres d'art (répertoriées par les Monuments Historiques) qui servaient à chauffer les dortoirs des moines, et dans lesquelles on pouvait assurément brûler l'équivalent d'une forêt entière dans une nuit !...
En témoignent également les restes de pierres et de tuiles retrouvés lorsque j'ai labouré une partie du parc, qui correspondent aux séparations des bassins d'élevage de carpes, pratiqué par les moines à cette époque. Gustave Flaubert y vient souvent pour le calme des lieux. De plus, Courtavant se situe à 100km à peine de Paris et est relativement facile d'accès à cette époque. Il en parle d'ailleurs dans ses livres et dans sa correspondance, dont une des premières lettres que l'on ait de lui est écrite de La Courmaraille, le jeune Gustave devait avoir 6 ou 7 ans.
Encore une remarque: il semble que Flaubert soit attiré toute sa vie par ce fleuve majestueux et chargé d'Histoire qu'est la Seine, puisqu'entre Croissy, Rouen, Paris, Nogent-Sur-Seine et Courtavant, il n'a fait que le remonter...
La Seine, que les gaulois du début du premier millénaire appelait Séquana et venaient visiter en pélerinages pour y plonger les jeunes filles car le bain dans le fleuve Séquana rendait les femmes fertiles... disait-on...

Petite étude de son oeuvre.
Malgré son amitié compromettante avec Zola, Maupassant et leurs frères d'armes, il est délicat de classer Flaubert parmi les réalistes ou les naturalistes, puisqu'il se prévalait d'individualisme farouche et détestait les écoles, et que pour lui la réalité n'était qu'un tremplin vers des compositions plus romanesques.
Flaubert est en fait un romantique honteux, toujours rattrapé par le classicisme (qui n'est pour Gide qu'un romantisme dompté)
Il nous laisse de son siècle une grande épopée, empreinte d'harmonie, et au genre romanesque, il a su donner ses lettres de noblesse, lui conférant humanité, moralité et spititualité, se mesurant ainsi aux genres les plus classiques.

 Des débus difficiles dans la littérature.
Mémoires d'un fou (1836)
Novembre (1841)
l'Education sentimentale (1843-1845), qui n'a rien à voir, à part le titre, avec l'oeuvre qu'il écrira 25 ans plus tard ! Il dit lui-même: "Il y a en moi, littérairement parlant, deux bonshommes distincts: un qui est épris de gueulades, de lyrisme, de grand vol d'aigle[...] un autre qui creuse le vrai tant qu'il peut, qui aime à accuser le petit fait aussi puissamment que le grand, qui voudrait vous faire sentir presque matériellement les choses qu'il reproduit[...] L'éducation sentimentale a été, à mon insu, un effort de fusion entre ces deux tendances de mon esprit (il eût été plus facile de faire de l'humain dans un livre et du lyrisme dans un autre). J'ai échoué".
La tentation de Saint Antoine est une oeuvre à part de sa jeunesse, dont la première version sort en 1848, et la troisième, à peu près définitive, en 1874. Il s'agit d'une sorte de poème philosophique, lyrique et historique à la fois, d'après le fameux anachorète de la Thébaïde. Avant Madame Bovary, c'est probablement son livre le plus important, où il exprime déja son génie du verbe et son imagination sans fin. Les autres essais de jeunesse sont pour la plupart d'une naïveté et d'un manque d'originalié déconcertants.

 La poursuite de son oeuvre. C'est vers 1840, à la suite d'une crise d'épileptie, que la vie de Gustave Flaubert va totalement changer, et probablement son génie se concrétiser, puisqu'il quitte Paris pour revenir vivre à Rouen. Il a une liaison orageuse avec Louise Colet, poétesse un peu tapageuse, qui lui fournit la matière de ses réflexions et l'aide à approfondir son sens de l'analyse.
Viennent alors le génie et les grandes oeuvres, dont les multiples études fourmillent, sur le papier et sur le Net:


Madame Bovary  (1857)
Salammbô  (1862)
Education sentimentale (1869)
Les trois contes (1877)
La tentation de Saint Antoine (dernière mouture 1874)
Bouvard et Pécuchet (publié après sa mort)
Correspondance complète, par le Pr Henri Bruneau.
  Une photographie de l'écrivain Gustave Flaubert

Gustave Flaubert  
 

 Vous pouvez visiter cette page sur Gustave Flaubert. Une étude de Madame bovary par "nul autre que Charles Baudelaire", et une série de citations tirées des lettres à Louise Colet.